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Des réfugiés climatiques payants ?

Après que le président Trump ait annoncé le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris le 1er juin dernier, le président Macron de France a lancé un appel historique : « Make our planet great again ! » paraphrasant ainsi le slogan de campagne de son homologue américain aux visions protectionnistes « Make America great again ! ». Mais au-delà des formules choc, le président français a encouragé les chercheurs américains spécialisés dans le domaine des changements climatiques à venir poursuivre leurs travaux en France. Pour faciliter les choses, Paris a débloqué des budgets conséquents pour les accueillir. Il accueillait en quelque sorte des réfugiés climatiques d’un autre type.

 En effet, les politiques du gouvernement Trump sont clairement anti science et à plus forte raison anti changements climatiques. Les coupures de budget qui commencent dans les organismes subventionnaires et à l’EPA, l’agence de protection de l’environnement des Etats-Unis, sont cruelles. Depuis janvier dernier, les « hommes du président » ont aussi entamé une chasse aux sorcières contre les fonctionnaires et les scientifiques qui ont contribué aux négociations sur le climat. Ces gestes mal intentionnés ont semé la consternation dans les universités et les agences de recherche du gouvernement américain comme en témoignent de nombreux éditoriaux publiés récemment dans les plus grandes revues scientifiques.

 Il semble que l’équipe Trump n’ait pas compris que la science aujourd’hui n’est plus uniquement l’affaire d’un pays ou d’un gouvernement, surtout dans un domaine comme les changements climatiques qui ont des répercussions à l’échelle planétaire. La courte vue du gouvernement Trump risque de coûter cher aux Etats-Unis. En effet, au-delà de ce que coûtent les salaires et les subventions des chercheurs, les retombées de leurs travaux, en termes d’innovation, de partage d’expertises et de réputation pour un pays, dépassent largement l’investissement qu’on y consacre.  Emmanuel Macron semble l’avoir compris.

 La revue Nature, dans son numéro du 19 juillet, faisait état de la mouvance des scientifiques américains qui ont décidé de répondre à l’appel d’Emmanuel Macron. Avec un budget de 60 millions d’euros (cent millions de $), les candidatures affluent. C’est probablement l’investissement le plus payant qu’ait fait la France depuis bien longtemps. Des milliers de candidatures de scientifiques américains ont déjà été reçues à tel point que l’Allemagne, jalouse de ne pas avoir eu l’idée en premier en rajoute. Le pays d’Angela Merkel tente en effet à son tour d’attirer des réfugiés climatiques payants.

 Pourquoi ces réfugiés d’un genre inédit valent-ils la peine qu’on les recherche ? Ce n’est pas compliqué. Ces gens ont de très hautes qualifications et leur formation a été payée par les systèmes d’éducation de leurs pays d’origine ou par des bourses internationales. Ce sont aussi des gens qui ont un haut potentiel d’innovation, puisque la recherche oblige à explorer des pistes vierges. Ils doivent aussi relever des défis techniques qui profitent aux secteurs de pointe de l’industrie. Enfin, ce sont des gens qui non seulement contribueront à former de meilleurs spécialises localement, mais qui en plus serviront la réputation des universités et agences au sein desquelles ils travailleront, attirant ainsi des étudiants étrangers. Tout bénéfice !

 Le Canada est presque un satellite des Etats-Unis, pour le meilleur et pour le pire. Mais jusqu’à nouvel ordre il demeure un pays indépendant et il pourrait aussi à l’instar de la France et de l’Allemagne offrir un budget spécial pour accueillir ces réfugiés climatiques d’un nouveau genre. En termes d’investissement, c’est clairement plus prometteur que de continuer de subventionner l’exploitation pétrolière. Mais ce jugement n’engage que moi. À ceux qui pensent le contraire d’en faire la preuve.

Claude Villeneuve
Professeur titulaire
Directeur de la Chaire en éco-conseil
Département des sciences fondamentales
Université du Québec à Chicoutimi

Les étés meurtriers

Une canicule mortelle se définit comme une période de chaleur durant laquelle les autorités sanitaires enregistrent une surmortalité, c’est-à-dire un nombre de décès significativement plus élevé que la moyenne. En effet, on peut réellement « mourir de chaud ». Les personnes les plus susceptibles d’être victimes de ce genre de condition climatique sont naturellement celles dont la santé est fragilisée par la vieillesse ou par des maladies chroniques. Mais les coups de chaleur affectent aussi des travailleurs, des enfants et la chaleur accentue les effets toxiques des polluants atmosphériques. Les plus démunis ne disposent pas toujours de moyens pour se protéger de la chaleur ou pour s’hydrater correctement. Ils occupent aussi souvent des emplois pénibles ou exposés.

 Dans les pays du Sud, même si la chaleur est souvent accablante, les populations traditionnellement rurales ont appris à adapter leurs comportements pour éviter ses effets pernicieux. Mais avec l’urbanisation débridée qui accompagne leur expansion démographique, les exigences du travail industriel, la précarité des logements et de la fourniture électrique, les savoirs traditionnels ne servent plus à grand chose. D’ailleurs, on enregistre de plus en plus de canicules mortelles dans toutes les grandes villes des pays en développement. C’est ce que nous apprend un article paru dans Nature Climate Change (https://www.nature.com/nclimate/journal/vaop/ncurrent/full/nclimate3322.html) qui a recensé 1 949 études liant chaleur excessive et mortalité, portant sur 164 villes de 36 pays, pour déterminer les conditions climatiques (température, humidité) au-delà de laquelle survient une surmortalité. Environ 15% de la surface terrestre mondiale, regroupant un tiers de la population, connaît déjà au moins 20 jours par an au-dessus de ces conditions. Parmi les zones les plus exposées, on trouve une partie de l’Afrique subsaharienne, le sud de la péninsule arabique, le nord de l’Inde, l’Asie du sud-est et le nord de l’Australie. Mais les pays du Nord ne sont pas à l’abri comme l’ont démontré les épisodes de canicule mortelle qui ont affecté l’Europe en 2003 avec 70 000 victimes et la Russie en 2010 où on a enregistré une surmortalité de 10 200 personnes rien qu’à Moscou. À Montréal, l’Institut national de santé publique suit le dossier de près.

Les chercheurs ont projeté l’évolution du climat d’ici la fin du siècle selon les scénarios retenus dans le dernier rapport du GIEC. Avec le plus optimiste, qui suppose que les engagements pris par les pays dans l’Accord de Paris soient multipliés par cinq d’ici la fin du siècle, la température n’augmenterait en moyenne que de 1,7 ˚C à l’horizon 2100. Cela peut sembler modeste, mais 47,6% de la population mondiale serait alors affectée. Certaines zones dans les pays du Sud  seraient confrontées à ce danger toute l’année. Le sud-ouest des Etats-Unis et le sud de l’Europe, dont l’Italie qui dépasserait les 50 jours de canicule mortelle par an, devraient prendre des mesures énergiques pour s’adapter. Le scénario Trump, qui consiste à ne rien faire mettrait en danger 73,9% de la population mondiale, qui connaîtrait plus de 20 jours par an d’une chaleur pouvant entraîner une surmortalité

Bien sûr, une prévision n’est pas une fatalité. Il passera beaucoup d’eau dans nos rivières d’ici 2100, mais les enfants qui naissent aujourd’hui ont, au Québec, une espérance de vie qui leur permettra de vérifier si les experts ont dit vrai. Il faut retenir que les étés meurtriers risquent de se multiplier. Il y a donc un impératif d’adaptation pour agir en amont comme a commencé à le faire la ville de Montréal.

Le territoire québécois est peu susceptible d’être parmi les plus affectés, mais ce n’est pas une raison pour ne pas prendre les mesures pour éviter d’émettre plus de GES. Pensez-y la prochaine fois que vous verrez une auto tourner à vide sur un stationnement, surtout si c’est la vôtre !

Claude Villeneuve
Professeur titulaire
Directeur de la Chaire en éco-conseil
Département des sciences fondamentales
Université du Québec à Chicoutimi

Le cauchemar d’Hedwige

À la fin du dix-neuvième siècle, de nombreuses espèces d’oiseaux exotiques avaient été amenées au seuil de l’extinction par la demande des modistes pour leurs plumes. Entre 1875 et 1905, des centaines de milliers d’oiseaux comme les aigrettes, les hérons, les sternes, mais aussi les hiboux et chouettes ont été chassés commercialement pour orner les chapeaux des dames élégantes. Certains ornements plus extravagants mettaient en vedette des chapeaux avec un oiseau entier empaillé et même un nid avec les œufs et la mère couveuse. Cela nous apparaît aujourd’hui bizarre, mais la mode est irrationnelle, c’est bien connu. Le phénomène a amené de nombreuses espèces au bord de l’extinction. Le phénomène était amplifié par la loi de l’offre et de la demande. Plus un oiseau était rare, plus on donnait cher pour ses plumes.

 Ce genre de choses est-il devenu impossible aujourd’hui ? Si on en croit un article paru dans le numéro de juillet du journal scientifique Gobal Ecology and Conservation (http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2351989417300525) une espèce de chouette indonésienne est aujourd’hui menacée par la mode mondiale des aventures de Harry Potter. L’oiseau fait l’objet d’un commerce en pleine croissance depuis une vingtaine d’années. On en recensait une centaine de spécimens vendus sur les marchés chaque année avant 2001. En 2016, il s’en est vendu plus de 13 000.  La ressemblance du pauvre oiseau avec Hedwige, compagnon de l’apprenti sorcier lui a valu le surnom de Harry Potter’s owl, une condamnation sans appel. En effet, la mode mondiale des livres de J. K. Rowling et leur traduction en Indonésie a créé une demande pour cet oiseau comme animal de compagnie. On retrouve ces oiseaux uniquement sur les îles de Java et de Sumatra où les braconniers les capturent pour alimenter le marché.

 Un cinquième de la population indonésienne a aujourd’hui accès à Internet. Les gens échangent sur les réseaux sociaux les bonnes adresses pour s’offrir ce chouette oiseau de compagnie. Les chercheurs ont manifesté leur inquiétude sur la capacité des populations sauvages à soutenir cette demande. L’organisation internationale Traffic, basée en Grande Bretagne qui s’intéresse au commerce des espèces rares a aussi noté que l’exportation des chouettes indonésiennes vers l’Inde est en augmentation soutenue depuis 2010.  Cela représente un énorme potentiel pour une augmentation encore plus grande de la demande. Malheureusement, ces oiseaux supportent très mal la captivité et meurent habituellement dans le mois qui suit leur capture.

 Même si la loi indonésienne proscrit la vente d’animaux sauvages pour lesquels il n’y a pas de quota, le pays ne fait pas de recensement des hiboux et chouettes. Il y a donc péril en la demeure. Habituellement, dans ce genre de situation, les oiseaux sont perdants d’avance. Les chercheurs concluent que les hiboux et chouettes de l’archipel indonésien devraient être ajoutées sur la liste des espèces menacées du pays.

 Peut-on imputer la popularité du commerce des hiboux et chouettes indonésiens à la popularité d’un personnage de fiction ? Comme dans beaucoup de problèmes environnementaux, la question est probablement plus complexe. Une coïncidence n’est pas une explication. Néanmoins, l’hypothèse est intéressante et l’anecdote permet de nourrir notre réflexion sur le sort des espèces sauvages soumises au commerce dans notre société mondialisée. Il existe une convention sur le commerce des espèces menacées (https://cites.org/fra/disc/text.php). Qu’il s’agisse de poissons d’aquarium, de reptiles, de mammifères ou d’oiseaux vivants ou non, les douaniers ont des consignes précises. Les amendes peuvent être salées. L’équilibre de l’offre et de la demande, qui est la première règle de l’économie, peut difficilement être assuré lorsqu’une mode augmente artificiellement la demande. L’exemple des chouettes indonésiennes est éloquent.

Claude Villeneuve
Professeur titulaire
Directeur de la Chaire en éco-conseil
Département des sciences fondamentales
Université du Québec à Chicoutimi

La forêt au secours du climat

Le 6 juillet, le ministre français de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a annoncé un plan ambitieux de lutte aux changements climatiques visant à faire de l’Hexagone un pays carbo-neutre en 2050.  La France devient ainsi le troisième pays à annoncer cet objectif, après la Suède, qui veut y parvenir en 2045 et le Costa-Rica en 2021.

 Devenir carbo-neutre ne signifie pas qu’on ne produira plus d’émissions de gaz à effet de serre, mais il faudra que le bilan des absorptions et des émissions soit équilibré. Pour y arriver, il faut diminuer les émissions et augmenter les absorptions. Divers moyens de diminuer les émissions sont envisagés, dont l’interdiction de vendre des voitures à moteur thermique après 2040 annoncée dans la foulée du nouveau Plan climat français. Mais que faire pour les absorptions ?

 La semaine précédente, l’Institut national de la recherche agronomique et l’Institut national de l’information géographique et forestière ont publié une étude majeure sur la contribution des forêts françaises à la lutte aux changements climatiques. L’étude examine les freins et leviers forestiers à l’horizon 2050 (http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Etudes/Toutes-les-actualites/Forets-filiere-foret-bois-francaises-et-attenuation-du-changement-climatique#). En gros, la question qu’on y pose est doit-on laisser pousser les forêts pour stocker un maximum de carbone en 2050 ou au contraire, intensifier la coupe pour atteindre un meilleur résultat en termes de lutte aux changements climatiques. En s’intéressant à la façon dont la filière forêt-bois dans son ensemble pourrait poursuivre, voire accroître, sa contribution à la lutte aux changements climatiques, on a comparé les effets de plusieurs scénarios d’évolution des forêts françaises dans les trois prochaines décennies. La réponse est paradoxale, mais claire : quel que soit le scénario d’exploitation envisagé, les résultats montrent un renforcement probable du rôle de la filière forêt-bois française dans l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. Quel que soit le scénario d’impact (hausse des températures, tempêtes, incendies, invasions biologiques), la capacité de stockage de carbone de la filière à l’horizon 2050 reste positive et ce d’autant plus que la gestion forestière est active. Il faut planter, éduquer les peuplements, récolter les bois pour alimenter les filières des matériaux de construction, du meuble, mais aussi de la chimie verte et de la substitution des carburants fossiles pour la production d’électricité et de chaleur. C’est tout un programme, mais les retombées sur le climat et l’économie locale sont significatives.

L’exemple français devrait inspirer de telles études au Québec. Actuellement, on ne connaît à peu près rien du potentiel de notre forêt exploitée ou préservée pour la lutte aux changements climatiques. Le gouvernement du Québec n’a même pas encore publié sa méthodologie pour évaluer les crédits de carbone qui pourraient résulter de projets dans le secteur forestier.

Nous avons bien sûr mis en place des dispositifs expérimentaux dans le projet Carbone boréal (http://carboneboreal.uqac.ca) mais il faudra encore bien des années pour avoir des résultats probants et ils ne s’appliqueront qu’à une portion de la forêt qui, de toutes façons ne fait pas partie de la possibilité forestière. Pour la substitution des carburants fossiles, notre analyse de cycle de vie réalisée pour le Réseau biomasse forestière Matapédia montre avec éloquence le bénéfice pour le climat de ce genre d’opérations. Le Québec dispose d’une immense capacité forestière qui pourrait contribuer plus efficacement à la lutte aux changements climatiques et peut-être prétendre nous aussi à la carbo-neutralité en 2050. Il faudrait bien quelques études comme celles de la France pour le réaliser pleinement.

Claude Villeneuve
Professeur titulaire
Directeur de la Chaire en éco-conseil
Département des sciences fondamentales
Université du Québec à Chicoutimi

La pointe de l’iceberg

Une étude parue dans le Proceedings of the National Academy of Sciences le 10 juillet a beaucoup fait parler. Les auteurs y traitent de l’extinction de masse des vertébrés à laquelle on assiste actuellement et qui semble s’accélérer inexorablement (http://www.pnas.org/content/early/2017/07/05/1704949114.full). Il s’agit d’une recension de l’état des populations de 27 600 espèces de vertébrés terrestres, c’est-à-dire près de la moitié des espèces de vertébrés répertoriées par les biologistes. Ils ont aussi étudié de façon plus détaillée 177 espèces de mammifères dont les populations ont été suivies entre 1900 et 2016. Les constats sont alarmants.  Le tiers des espèces dans l’échantillon global ont connu une réduction de leur aire de répartition et de leurs effectifs. Dans le groupe plus restreint, 40% ont subi des réductions qualifiées de sévères, ce qui les menace de disparition. La vitesse observée des extinctions dans le dernier siècle est cent fois plus élevée que la vitesse « naturelle » qu’on pourrait observer sans la présence de l’humain. Mais pourquoi ?

 La question est complexe. Depuis 1900, les effectifs de l’humanité se sont multipliés par cinq et nous consommons beaucoup plus de ressources et d’espace par personne aujourd’hui que nos ancêtres. Nous produisons aussi beaucoup plus de déchets et notre activité économique s’accompagne d’émissions de gaz à effet de serre qui modifient rapidement le climat global, ce qui a des conséquences dramatiques sur les espèces vivantes. L’élevage et l’agriculture occupent de plus en plus d’espaces qui étaient autrefois sauvages. L’agriculture industrielle appauvrit les sols et l’usage des pesticides affecte les écosystèmes environnants. Les villes, les routes, les aéroports et autres infrastructures rongent l’espace écologiquement productif. Sans compter que le dérèglement du climat accélère la désertification et que la pollution des eaux douces fait disparaître les espèces de poissons les plus fragiles.

 Mais les espèces océaniques aussi sont menacées. Certes, nous prélevons des poissons par la pêche, pour nous nourrir ou pour nourrir les poissons en aquaculture, mais les pêcheries excèdent trop souvent la capacité de renouvellement des stocks, ce qui provoque leur effondrement. Les déchets comme les plastiques se retrouvent dans les océans où ils menacent la vie marine. On estime en effet que 8 millions de tonnes de déchets en plastique se retrouvent à chaque année dans les océans. Pire encore, l’augmentation de la concentration de CO2 provoque une acidification de la surface océanique, ce qui nuit aux coraux et à de nombreuses espèces d’invertébrés marins et de larves de poissons.

 Faut-il pour autant jeter la serviette ? Ce n’est pas la bonne attitude à encourager. Beaucoup de choses se sont améliorées depuis les années 1980 où on a commencé à anticiper la disparition accélérée de la biodiversité. D’abord la science nous a permis de mieux mesurer les phénomènes et de prendre conscience de la vitesse à laquelle évolue la dégradation des écosystèmes et les causes sous-jacentes. Cela a catalysé l’action à l’échelle nationale et internationale pour renverser le phénomène. On n’y est pas encore, mais il est au moins possible de penser qu’on pourra limiter les dégâts.

 La diminution des effectifs et de l’aire de répartition des espèces de vertébrés n’est que la pointe de l’iceberg. La dégradation globale de l’environnement nous réserve encore bien des surprises, et pas des meilleures. Mais la disparition d’une espèce, est irréversible. Il n’y a pas de retour en arrière. L’étude de Ceballos, Erlich et Dirzo a le mérite de mettre des chiffres crédibles pour souligner l’urgence d’agir. C’est un indice du travail qu’il nous faudra faire dans les prochaines décennies si l’on veut léguer à nos enfants une planète vivable.

Claude Villeneuve
Professeur titulaire
Directeur de la Chaire en éco-conseil
Département des sciences fondamentales
Université du Québec à Chicoutimi

Une clé pour la durabilité

L’année scolaire se termine et pour les enseignants, le  temps est au bilan avant les vacances réparatrices. Je voudrais souligner leur engagement et leur dévouement dans des conditions pas toujours faciles. Mais il faut accorder à César ce qui appartient à Jules comme le disait Astérix.  Sans le travail des éducateurs, le développement durable ne sera jamais une réalité.

 Dans le rapport 2016 sur les Objectifs de développement durable (ODD) qui sera proposé à la réunion du Forum politique de haut niveau des Nations Unies dans un mois, les progrès de divers indicateurs sont recensés. Le quatrième des ODD stipule qu’il faut assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. Malgré des progrès certains sur le plan de l’alphabétisation un peu partout dans le monde, il reste des endroits préoccupants comme l’Afrique subsaharienne où des millions d’enfants, et en particulier des filles, sont privés d’accès au primaire. Dans d’autres pays, la majeure partie de l’enseignement est assuré par le privé, ce qui empêche les plus pauvres d’y accéder. La scolarisation secondaire est encore déficiente et les études supérieures sont réservées à l’élite. C’est une situation comparable à celle que nous vivions au Québec en 1950. Heureusement, la révolution tranquille a profondément changé les choses et permis que notre société soit aujourd’hui mieux équipée que jamais pour relever les défis du développement durable.

C’est en effet par le monde de l’éducation qu’on peut transformer durablement une société. Il faut bien sûr du temps. En éducation, les progrès sont quelquefois mesurables seulement à l’échelle d’une génération. À titre d’exemple, j’aimerais évoquer l’éducation relative à l’environnement (ERE), qui a été le fil conducteur de ma carrière.

Les personnes qui ont connu les décennies 1960-1970 se souviendront que le Québec était un paradis de la pollution selon le titre d’un livre publié par Jean-Pierre Rogel en 1981. Les premiers projets d’épuration des rejets industriels datent de la fin des années 1970. Avant, tout était rejeté dans l’air ou dans l’eau, on ne se préoccupait pas de la qualité des sols ni des impacts sur la santé des contaminants.  Au niveau domestique, les déchets étaient jetés en pleine nature ou brûlés au dépotoir. Les égouts se déversaient dans le cours d’eau le plus proche et on construisait des routes en remblayant des milieux humides. Ce sont des choses qui sont inimaginables aujourd’hui. Pourquoi ? Bien sûr, les règlements ont changé, mais surtout l’attitude des gens envers l’environnement a changé à mesure que se développaient des formations plus spécialisées, mais aussi à mesure qu’on introduisait dans le curriculum des écoles primaires et secondaires des initiatives d’ERE pour tous.

J’ai souvenir d’avoir créé des outils d’ERE dès 1983 avec la direction des cours par correspondance du Ministère de l’éducation. D’abord un premier cours puis un second en 1989 plus avancé qui a été suivi par plus de 1000 étudiants. J’ai aussi fait partie du CA de Environnement Jeunesse pour produire du matériel destiné à favoriser l’ERE dans les écoles et les CEGEP. En 1989, nous avons créé l’Association québécoise pour la promotion de l’ERE. En 1993, grâce à l’engagement de la Centrale de syndicats du Québec, le mouvement des établissements verts Brundtland est né. Ces deux organismes ont été à l’origine du premier sommet Planèt-ERE en 1997. Chacune de ces initiatives a été rendue possible grâce au travail des enseignants.

Aujourd’hui, le Forum Planèt-ERE en est à sa sixième édition. Le thème est la promotion des saines habitudes de vie. C’est encore une fois par l’école et avec les éducateurs que nous arriverons à changer durablement notre société pour le mieux-être de tous, dans un environnement plus sain. Merci à toutes celles et ceux qui nous forgent un avenir meilleur.

Claude Villeneuve
Professeur titulaire
Directeur de la Chaire en éco-conseil
Département des sciences fondamentales
Université du Québec à Chicoutimi

Un défi pour 2020

Au sommet du G20, Christiana Figueres, secrétaire de la Convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques a lancé un plan d’action en six points pour réaliser l’objectif de l’Accord de Paris c’est-à-dire limiter le réchauffement du climat planétaire à moins de 2 degrés Celsius avant la fin du siècle. Pour espérer que l’objectif soit atteint, il faudra que les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) plafonnent avant 2020 pour décroître rapidement par la suite. Nous avons en effet un budget limité d’émissions qui peuvent encore s’ajouter dans l’atmosphère aux émissions historiques. Si nous dépassons ce quota, l’objectif sera raté.

 Les six actions sont contenues dans un document intitulé « Mission 2020 » qui constitue un programme pour les gouvernements signataires de l’Accord de Paris. Même si Donald Trump a annoncé le retrait des Etats-Unis de cet accord, cela ne sera pas possible avant novembre 2020. Les Etats-Unis sont donc aussi concernés.

 Dans le domaine de l’énergie, il faudrait que la proportion de l’électricité produite avec des sources renouvelables soit portée à 30% contre 23,7% en 2015, que plus aucune centrale au charbon ne soit autorisée et qu’on ferme progressivement les centrales existantes. C’est ambitieux, mais faisable. Le charbon cause d’énormes problèmes de pollution pour les populations locales et il induit des problèmes de santé respiratoire auxquels les gouvernements sont de plus en plus sensibles. De plus, les prix de l’électricité produite avec des installations éoliennes et solaires deviennent de plus en plus compétitifs.

 Pour les infrastructures, plusieurs villes ont pris l’engagement de rendre leurs bâtiments et leurs routes carbo-neutres à l’horizon 2050. Il faudrait que 3% des bâtiments et des infrastructures soient carbo-neutres à chaque année à partir de maintenant. On peut y arriver en construisant en bois et en augmentant l’efficacité énergétique par une meilleure isolation, une fenestration adéquate et des systèmes de climatisation passive comme des toits verts et des murs verts.

 Pour le transport, il faudra remplacer massivement les voitures à essence et au diesel par des véhicules électriques afin d’atteindre 15% des voitures neuves vendues chaque année. Les voitures partagées en libre service devront aussi être multipliées et il faudrait doubler l’utilisation du transport en commun en trois ans. L’utilisation de camions au gaz naturel et des initiatives combinant le rail et le camion comme le ferroutage peuvent contribuer à une réduction des émissions de 20% dans ce secteur.

 Les secteurs forestier et agricole ont aussi un rôle à jouer. Environ 12 % des émissions mondiales de CO2 viennent de la déforestation. Si on pouvait arrêter les pertes de forêt en 2030 et augmenter les puits de carbone en plantant des arbres et en faisant une agriculture orientée sur la séquestration de carbone dans les sols, cela contribuerait significativement à l’équation.

 Dans le secteur industriel, les émissions devraient être réduites de 50%. Tout un programme ! En excluant les GES émis par la production d’électricité, l’industrie lourde, en particulier le raffinage du pétrole, la production de ciment et l’industrie de l’acier contribuent globalement à 20% des émissions mondiales de GES.

 Finalement, le secteur financier est aussi interpellé. Il faudrait mobiliser en 2020 plus de mille milliards de dollars pour soutenir des initiatives dans les autres secteurs. Pas mal !

 Malheureusement, dans l’accord de Paris, on est loin du compte. C’est pourquoi madame Figueres et ses collègues insistent sur une mobilisation rapide de tous les secteurs. Le réchauffement a déjà dépassé un degré et ses impacts sont visibles. Pouvons-nous prendre plus de risques ?

 Atteindre l’objectif de l’accord de Paris est sans doute un rêve. Le plan de madame Figueres démontre néanmoins que c’est encore possible, mais 2020 c’est demain !

Claude Villeneuve
Professeur titulaire
Directeur de la Chaire en éco-conseil
Département des sciences fondamentales
Université du Québec à Chicoutimi

Qui sera le champion?

Le Forum économique mondial publie chaque vendredi une série de textes qui sont fort éclairants à plusieurs titres. Dans son édition du 30 juin, un article a retenu mon attention.  L’auteur y compare la performance de la Chine et des Etats-Unis dans le domaine de la lutte aux changements climatiques (https://www.weforum.org/agenda/2017/06/how-china-and-us-compare-on-climate-action/) . Cette comparaison nous laisse entrevoir un nouveau leadership mondial où le gouvernement Trump fait piètre figure.

 La Chine et les Etats-Unis sont les deux principaux émetteurs de gaz à effet de serre. Depuis 2008, la Chine a dépassé les Etats-Unis, mais les deux pays représentent actuellement près de 40% des émissions mondiales. Dans le contexte de l’Accord de Paris, les attentes envers ces deux grands étaient en proportion de leur contribution. Comment les deux géants se comparent-ils en termes d’initiatives pour résoudre le problème ?

 En termes d’investissements dans le secteur de la production d’énergie renouvelable, en particulier l’électricité de source éolienne et solaire, la Chine domine clairement les Etats-Unis. La Chine est le plus grand producteur d’électricité photovoltaïque. Elle a doublé sa production en 2016 en implantant un parc géant de 4 millions de panneaux sur le plateau tibétain. La production de panneaux solaires à faible coût permet de planifier une série d’initiatives de grande envergure qui consolideront cette position de tête, n’en déplaise à monsieur Trump et à son fantasme de mur solaire pour se protéger des Mexicains. Dans le domaine éolien, la compagnie chinoise Goldwind a dépassé la danoise Vesta avec 16,8% du marché mondial des turbines. En comparaison, General Electric des Etats-Unis occupe 9,2% du marché.  Quatre autres compagnies chinoises se partagent 15,4% des ventes, faisant ainsi de la Chine un champion incontesté. Cela se confirme dans le domaine des investissements pour la production d’énergie renouvelable où la Chine totalisait 102,9 milliards de dollars en 2015 contre 44,1 milliards pour les Etats-Unis. La situation est aussi clairement en faveur de la Chine dans le domaine des obligations financières liées à la lutte aux changements climatiques où la Chine domine avec 36% contre 16 % pour les Etats-Unis. « Money talks ! » dit-on…

 On a souvent accusé les Chinois de copier les industriels occidentaux et d’apporter fort peu d’innovations dans leur production. Qu’en est-il dans le domaine de la lutte aux changements climatiques ? Dans le domaine de l’automobile électrique, on entend souvent parler des innovations d’entreprises américaines, japonaises et européennes. Mais il existe aussi des fabricants chinois de véhicules électriques. Là aussi, le marché stimule l’offre. L’Agence internationale de l’énergie indique qu’en 2016, plus de voitures électriques et hybrides ont été vendues en Chine qu’aux Etats-Unis, en Grande Bretagne, en Norvège, en France, au Japon et en Allemagne réunis.  Beijing compte investir 1,3 milliards pour remplacer sa flotte de 70 000 taxis par des véhicules électriques. La mise en place d’un marché du carbone à l’échelle nationale en Chine va déclasser complètement les marchés nord-américains (WCI et RGGI) et le marché européen.

 Les émissions per capita en Chine sont de 7,5 tonnes contre 18 pour les Etats-Unis. Mais il y a quatre fois plus d’habitants en Chine. Même si les émissions chinoises ont été réduites de 0,7% en 2015 contre 2,6% pour les américains, la contribution nette de ces réductions pour la planète est sans doute équivalente.

 On imagine mal la Chine, qui est présentée comme un paradis de la pollution, remporter le titre de champion du monde de la lutte aux changements climatiques. Pourtant, il semble que le second plus grand émetteur, les Etats-Unis, ne soit pas de taille. Cela ne risque pas de s’améliorer dans les quatre prochaines années !

Stocker l’énergie, un défi

L’énergie est partout présente dans l’univers. Toutefois, pour l’utiliser il faut la faire passer dans une machine capable d’accomplir un travail. À chaque transformation, en vertu de la thermodynamique, une partie de l’énergie est dissipée sous forme de chaleur. Selon la forme sous laquelle l’énergie est présente, son stockage est plus ou moins difficile. C’est très facile de stocker l’énergie chimique contenue dans les hydrocarbures pétroliers. Il suffit de disposer de citernes ou de bonbonnes. Lorsqu’on veut stocker la chaleur, on peut chauffer de la matière, sous forme solide ou liquide ou encore utiliser le changement de phase et la récupérer par la suite. Pour stocker l’électricité, c’est plus compliqué. On y arrive par des réactions chimiques dans des piles, mais cela coûte cher et il y a différentes limites, tant au niveau de la taille que de la durée de vie des batteries, ce qui en augmente considérablement le prix. Les sources d’énergie solaire et éolienne, ont le désavantage d’être intermittentes. Leur couplage avec des systèmes de stockage est particulièrement attrayant à cet égard.

 Le stockage de l’électricité à la faveur de creux de la demande permet de l’utiliser ensuite en période de pointe. Le stockage de l’énergie est un outil important d’efficacité énergétique, car il permet de répondre aux périodes de pointe sans avoir à construire d’équipements supplémentaires avec les coûts et les impacts environnementaux qui en découlent.

 On peut aussi avec les progrès de l’informatique et les réseaux intelligents stocker l’électricité de façon décentralisée. Pour cela, il faut disposer de compteurs réversibles. Imaginons par exemple que votre voiture électrique est branchée en période de pointe. Hydro-Québec pourrait vous emprunter quelques centaines de wattheures pour  soutenir la demande et vous les rendre pendant la nuit pour que votre véhicule soit à nouveau chargé au moment où vous en avez besoin. Cela peut paraître ridiculement petit, mais dans un monde où on aurait un pourcentage significatif de véhicules électriques, cela fait vite des mégawattheures.

 Utopie ? Non. L’état du Massachusetts vient de se fixer une cible de stockage de 200 mégawattheures pour 2020. Cette cible a été annoncée par le gouverneur Charlie Baker le 30 juin dernier. Pour lui, cette initiative « permettra à l’industrie d’explorer les pistes rentables et d’innover dans le domaine du stockage d’électricité. » Le plan pour atteindre la cible se déclinera en 5 projets.  Un micro réseau intelligent reliera les magasins de la chaîne  Kohl’s équipés de capteurs solaires à d’autres qui ne le sont pas. La compagnie électrique Genbright va faire deux projets, l’un pour l’électricité avec des batteries permettant d’équilibrer l’offre et la demande, l’autre utilisant le stockage de chaleur pour répondre à la pointe dans l’île de Nantucket, ce qui pourrait permettre d’éviter la construction d’une troisième ligne de transmission sous-marine si l’expérience fonctionne. Le quatrième projet sera réalisé par Holyoke Gas and electric qui installera une batterie lithium-ion de grande puissance pour soutenir la demande de pointe. Le projet sera réalisé avec une équipe de l’Université du Massachusetts qui en étudiera les paramètres d’opération. Enfin, Tesla, le constructeur de voitures électriques, fera la démonstration du potentiel des voitures interconnectées au réseau pour l’échange d’électricité.

 La majeure partie de l’électricité du Massachusetts est produite avec du gaz naturel et dans une moindre mesure avec du charbon et du pétrole. L’état s’est fixé une cible de réduction des émissions de 25% en 2020 par rapport à 1990 ; chaque kilowattheure consommé  en moins permet de contribuer à l’atteinte de cette cible. De plus, la collaboration entre l’État, les entreprises et les universités améliorera la compétitivité des uns et des autres. Tout cela malgré Trump !

Une reconnaissance internationale

La recherche prend toujours beaucoup de temps pour apporter ses fruits. Pour ma part, j’ai formulé des hypothèses qui ont mis jusqu’à dix ans avant de donner des résultats concluants. Et encore, entre les résultats et la publication dans une revue spécialisée, il faut encore compter des mois et quelquefois des années. Heureusement, ce n’est pas toujours le cas. Tout le monde n’a pas la patience de développer un champ de travail à partir de zéro ou presque.

 Lundi 17 juillet, se tenait au siège des Nations Unies à New-York, un événement dans le cadre du Forum Politique de Haut Niveau, une instance crée après la Conférence Rio +20 pour suivre l’évolution du développement durable et s’assurer de sa mise en œuvre partout dans le monde. Le Programme de Développement Durable à l’Horizon 2030 (PDD-H2030) est entré en vigueur en janvier 2016 après l’adoption en septembre 2015 des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) et de leurs 169 cibles issus du travail colossal résultant de la déclaration du Sommet Rio+20. Lors de cet événement, on a présenté un nouveau portail « Panoplie d’outils pour accélérer la mise en œuvre des ODD » (https://undg.org/2030-agenda/sdg-acceleration-toolkit/) qui regroupe une soixantaine d’outils pour aider les pays, mais aussi les villes, les entreprises et les groupes de citoyens à mettre en œuvre le PDDH-2030. Sous l’égide du Groupe de Développement des Nations Unies et de l’UNICEF, ce portail sera la base d’un réseau d’initiatives alliant le terrain et la recherche.  Deux outils, développés par notre équipe ont été retenus par le comité scientifique qui en a examiné des centaines à l’échelle mondiale : la grille d’analyse de développement durable (GADD) et la fiche de gouvernance du développement durable (FGDD). Cette reconnaissance internationale couronne plus de 25 ans de travail et ouvre des perspectives de recherche au moins pour les quinze prochaines années.

 En effet, grâce au partenariat qui associe la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi et l’Organisation internationale de la Francophonie, ces deux outils ont connu une évolution fulgurante et sont dorénavant utilisés dans une vingtaine de pays, ce qui démontre leur pertinence. Nous pouvons être d’autant plus fiers que cette recherche a été initiée ici, en 1988, avec l’idée de faire du Saguenay-Lac-Saint-Jean un laboratoire de développement durable.

Aujourd’hui, l’équipe de la Chaire en éco-conseil continue à innover avec le soutien de la Francophonie et de divers acteurs du milieu pour développer l’Analyse systémique de durabilité, un champ d’expertise émergent pour lequel nous avons créé un programme court (programmes.uqac.ca/0737) dont la première cohorte terminera son cursus en août. Ce programme unique allie la théorie, la pratique et la communication de la durabilité. Il permet aux étudiants qui le suivent  de maîtriser les outils d’ASD.

 La patience et l’humilité sont des atouts pour ceux et celles qui veulent s’engager à changer le monde. Entre l’intuition qui fait rêver et les réponses qu’on peut partager, il peut s’écouler beaucoup de temps. À chaque jour, il faut tenter de convaincre, se remettre en question, interpréter les faits sans chercher à les cacher s’ils ne font pas notre affaire et surtout conserver un optimisme à tout crin et une détermination sans faille. Il faut aussi reconnaître que nous ne sommes qu’une composante d’un système qui nous dépasse, et qui continuera bien après nous. Aujourd’hui, je pense à tous ceux et celles qui ont travaillé à faire avancer ce grand projet et à toutes celles et ceux que nos travaux aideront à aller plus loin. Sachez que vous avez contribué généreusement et que d’autres contribueront à construire un monde meilleur pour nos enfants et leurs petits-enfants.  Merci