Le tourisme et le développement durable

Le tourisme est une industrie qui a connu une croissance exponentielle au 20ème siècle et qui représente aujourd’hui un emploi sur 11 et 10 % du PIB mondial. Ce secteur recouvre plusieurs réalités et occasionne une foule d’impacts sur les écosystèmes locaux, sur le climat et sur les populations qui accueillent les touristes.

En effet, les déplacements de milliards de personnes exigent des moyens de transport, avions, bateaux, trains, autocars et voitures qui consomment des carburants fossiles et contribuent pour une part non négligeable aux changements climatiques. Il faut aussi loger les touristes, leur offrir des conditions de séjour agréables et sécuritaires, gérer les déchets qu’ils produisent. Selon ce qu’ils recherchent comme dépaysement, il faut leur fournir un accès à la mer, à la montagne, aux populations d’animaux sauvages, aux sites patrimoniaux, aux paysages remarquables, aux manifestations culturelles ou sportives, bref à une expérience unique susceptible d’enrichir leurs vacances. Cela occasionne pour les gens qui accueillent les touristes des emplois, bien sûr, mais souvent précaires et une pression sur la culture locale qui ne devient plus souvent qu’une caricature mise en spectacle.

Par définition, les touristes sont de passage. On les apprécie d’autant plus qu’ils laissent de l’argent dans les communautés qui les accueillent, mais cela ne va pas sans causer d’énormes problèmes. L’Organisation mondiale du tourisme en a d’ailleurs pris conscience dans les années 1990 et de nombreux travaux ont été réalisés pour poser les bases d’un tourisme durable qu’on définit comme une activité touristique qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil.

 Le 18 janvier dernier, était lancée à Madrid la programmation de l’année internationale du tourisme durable pour le développement. Cette thématique a été retenue par les Nations Unies en raison de l’importante contribution que le tourisme, comme activité économique, peut amener pour le développement de toutes les nations, et en particulier des régions périphériques et des pays les moins industrialisés. Sachant l’importance qu’il représente, le secteur du tourisme, s’il est bien géré, peut contribuer à une croissance économique inclusive, à la cohésion sociale ainsi qu’à la protection des ressources culturelles et naturelles. L’Année internationale vise à encourager un changement dans les politiques, les pratiques commerciales et le comportement des consommateurs allant dans le sens d’un développement durable.

Comment intégrer le développement durable dans des formes de tourisme aussi diversifiées que le tourisme de plage, l’écotourisme, le tourisme d’affaires, le tourisme d’aventure, les croisières, les festivals et les manifestations sportives ? La préoccupation doit être partagée à la fois par les promoteurs, les professionnels, les autorités municipales et nationales, les travailleurs et les touristes eux-mêmes. Mais pour que tous puissent y contribuer, il faut rendre cette volonté explicite et fournir des moyens d’agir.

À ma connaissance, la région ne semble avoir mis de l’avant l’Année internationale du tourisme durable. Pourtant, notre région a une longueur d’avance dont nos élites ne semblent pas être conscientes. La Chaire en éco-conseil a développé des outils qui sont disponibles gratuitement et à la portée de chacun pour y contribuer. Que ce soit par le guide des évènements éco-responsables, les outils d’analyse de développement durable, la possibilité d’offrir la compensation carbonique, nous avons travaillé dans les quinze dernières années à outiller les gens de bonne volonté.

L’Association touristique régionale, Promotion Saguenay, le CQDD et la SEPAQ et nos pôles touristiques ne devraient-ils pas s’associer pour mettre en valeur la contribution de l’activité touristique de la région au développement durable ? Il n’est pas trop tard pour y penser.

Claude Villeneuve, biologiste

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